Le Conseil Syndical du SAF, réuni le 9 avril 2005, a pris connaissance des conditions de l’arrestation de Me Mohamed ABBOU, avocat tunisien, incarcéré depuis le 1er mars 2005 pour un délit d’opinion, à savoir un article publié sur Internet en août 2004 dans lequel il compare les tortures infligées aux prisonniers politiques en Tunisie aux exactions commises dans les prisons irakiennes.
Officiellement inculpé de publication de fausses nouvelles, diffamation de l’appareil judiciaire et incitation à enfreindre la loi, il a en réalité été interpellé à la suite de la publication, le 28 février 2005, d’un autre article critiquant l’invitation du Premier ministre israélien Sharon par le Président Ben Ali lors du prochain sommet mondial sur la société de l’information en novembre 2005.
Le 2 mars 2005, les avocats qui souhaitaient assister Me ABBOU devant le juge d’instruction en ont été physiquement empêchés par les policiers qui avaient envahi le palais de justice, agression dénoncée par l’association des magistrats tunisiens elle-même.
Le 16 mars 2005, Me ABBOU devait être enfin interrogé par le magistrat instructeur ; mais il n’a pas été extrait et, seul le Bâtonnier a pu pénétrer dans le bureau du juge pour lui remettre les avis de constitution de 815 avocats, avant d’être lui-même molesté et poussé dehors par le magistrat.
Le SAF condamne ces graves atteintes aux droits de la défense, en violation du Pacte international relatif aux droits civils et politiques auquel la Tunisie est partie.
Il exige la libération immédiate de Me ABBOU et assure le Barreau de Tunisie de son entier soutien