Le congrès qui s’est tenu à BRUGES, exceptionnel par la qualité de ses travaux et la convivialité, s’est conclu par la traditionnelle élection de la présidence.
J’ai eu l’honneur, le plaisir d’être élu par les Bâtonniers ou leurs représentants, Président de la Fédération.
Le travail ne manque pas.
L’Europe développe une série de grands projets qui nous concernent directement. Je veux citer, en premier lieu, celui concernant la dérèglementation des professions juridiques qu’on veut ouvertes à la concurrence sans considération des déontologies et de la protection du client, les propositions concernant une stratégie e-justice, le travail concernant la publication d’une directive consommateur auquel les services juridiques seraient soumis ou la réflexion concernant la création d’un "acte authentique européen" valable dans tous les états de l’Union et qui ferait la promotion du notariat.
Sur tous ces sujets, les avocats ne peuvent être absents. Ils doivent être consultés, ils doivent donner leur avis et convaincre les interlocuteurs de sa pertinence.
Nous voulons réussir ce défit. Il faut véritable mobilisation autour des commissions de la Fédération des Barreaux d’Europe.
Nous devons, nous-mêmes, réussir nos projets et réfléchir à une harmonisation des règles de déontologie et, en premier lieu, celles concernant le conflit d’intérêt.
Nous devons également réfléchir à l’élaboration du programme de Stockholm, programme d’action pour les années 2010 à 2014, auquel la Commission travaille actuellement ; Il est question officiellement de développer un "espace de liberté, de sécurité et de justice". Toutefois, dans ce programme, on voit la police partout et la justice nulle part.
La Fédération, c’est-à-dire l’ensemble des Barreaux, doit contribuer à améliorer ce programme et à prendre en compte les intérêts des justiciables et de leurs conseils et défenseurs.
C’est à ce travail que j’invite les Barreaux membres. Il convient d’alimenter la réflexion de la Fédération aux fins que celle-ci puisse, efficacement, contribuer à ce que le point de vue des Bâtonniers et des Barreaux soit pris en compte par les Institutions européennes.
L’Europe est une réalité au quotidien. C’est en faisant collaborer étroitement les acteurs du droit et ce de la justice en Europe que nous parviendrons à relever le défit d’une Union concrète, prenant en considération le quotidien de nos concitoyens.
Michel BENICHOU.